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Louvigné essuie les plâtres de la fibre (ouest-france du 22-04-2016)

Avant la fin 2016, les premiers abonnés du pays de Louvigné-du-Désert seront connectés à la fibre. Un territoire pionnier pour le déploiement de cette technologie dans les communes rurales. 

 « On essuie les plâtres de ce dispositif. » Louis Pautrel, le président de Louvigné communauté, n’est pas amer pour autant. Son territoire est l’une des premières zones rurales dans laquelle Mégalis Bretagne déploie la fibre. D’ici la fin 2016, Mellé, Le Ferré, la Bazouge-du-Désert et une partie de Louvigné changeront de dimension. Fini l’isolement numérique. Place au très haut débit avec la FTTH (Fiber to the Home - Fibre jusqu’à l’abonné). 

Préparation et conciliation 

Pour chaque zone concernée, le syndicat mixte déploie la fibre optique grâce à des nœuds de raccordement desservant des points de mutualisation (PM) pour ensuite raccorder les résidents à moins de 100 mètres de leur logement. (voir infographie) C’est aux fournisseurs d’accès à internet de faire la jonction jusqu’à la box internet. Mais avant cela, Mégalis et les collectivités doivent mener un long travail de préparation et de conciliation auprès des propriétaires. Car si le syndicat utilise au maximum les fourreaux des réseaux enterrés, en sortie de centre-bourg la fibre emprunte le domaine aérien. Et là les choses peuvent se compliquer. « On essaye au maximum d’utiliser les supports existants, et lorsque nous devons passer par les poteaux télécoms, chaque support est étudié puis remplacé ou renforcé en fonction de son état. Nous travaillons pour les cinquante prochaines années » ,explique Thomas Renault, directeur du projet chez Mégalis. 

Tout ou rien 

À la différence du réseau de téléphonie en cuivre, qui supporte les perturbations, la fibre, c’est tout ou rien. À la moindre cassure, il n’y a plus de signal. Par conséquent, les propriétaires sont tenus d’élaguer leurs arbres afin d’éviter ces désagréments, puisqu’il n’y a pas de servitude, comme sur les poteaux ERDF. À Mellé, un courrier a été adressé à chaque propriétaire concerné lui indiquant les travaux d’élagage nécessaires. Et s’ils n’étaient pas réalisés dans les trente jours, la commune enverrait la facture. Pour faire preuve de pédagogie, la commission voirie du conseil municipal a fait du porte-à-porte afin de jouer les médiateurs. « Et tout s’est très bien passé », assure la maire Thérèse Tylek. Dans un secteur plus urbanisé, les choses sont plus difficiles à gérer. Même si aucune tension réelle n’a été signalée, le maire de Louvigné-du-Désert a tout de même été contraint d’envoyer une quinzaine de courriers de mises en demeure. Mégalis reconnaît que c’est la première fois qu’ils sont confrontés à ce genre de problème, mais ce « retour d’expérience » sur le territoire va permettre « de capitaliser pour l’avenir » .

Antoine VICTOT.